Dominique Lespagnol
Dominique Lespagnol - Artiste Brodeuse
C’est en fouillant dans ma cave que j’ai retrouvé ma première œuvre de broderie : un mouchoir brodé. Puis, dès le C.E.1, la broderie fit partie intégrante de ma scolarité. Il faut avouer que je n’étais pas emballée par l’activité. J’ai donc abandonné cette activité, par rébellion. C’est la plume, comme une aiguille fine, vibrante et acérée, qui sait aller jusqu’où ça fait mal, qui m’a permis de finaliser ce cheminement et de sortir de ma bulle.
Les répercussions et conséquences sur ma personnalité de l’apprentissage de la broderie ne sont pas anodines. C’est une personnalité entière qui est ébranlée, une remise en cause totale qui s’opère. La broderie va me donner les moyens d’une introspection puisqu’elle est une manière d’exprimer des idées, des sensations. Mais, au-delà du travail interne, l’aiguille ou le crochet, constitue une révélation ! Un coup de foudre que je vis maintenant depuis plus de quatre ans et dont mes oeuvres sont le résultat.
Ainsi, débutait une aventure captivante sur un tissu blanc avec un dessin imprimé en noir, une aiguille qui pique le doigt, un métier à broder, pour une activité des plus discrètes et silencieuses, des fils de cotons de couleurs etc. Car commencer à broder, c’est se hasarder réellement. L’aiguille voyage à travers la toile, l’esprit vagabonde, les couleurs changent, le paysage se précise petit à petit. Et le temps devient tout autre. C’est le temps brodé dans lequel les émotions ne sont pas agitées. D’ailleurs, on brode comme on vit, avec plus ou moins de sérieux ou de fantaisie.
Le plaisir commence dès que l’on choisit ses outils, les couleurs, les motifs. C’est là que réside le pouvoir obsessionnel de la broderie. C’est un défi de montrer, à l’heure de la vitesse et de la grande série, du virtuel et de l’éphémère, la pérennité d’un tel jeu de patience.
